Création de l’ONU Femmes

Quelle mission pour l’ONU Femmes qui a vu le jour le 2 juillet 2010 et deviendra opérationnelle en janvier 2011?  Pour  Brigitte Perucca (ancienne Rédactrice en chef du Monde de l’Éducation), la réponse est dans le titre de son article paru ce jour dans le Monde « Mission difficile pour l’agence ONU Femmes ».

Cette  nouvelle entité sera le résultat de la fusion entre plusieurs programmes et fonds déjà dédiés à l’égalité des genres. La Division de la promotion de la femme, l’Institut international de recherche et de formation pour la promotion de la femme, le Bureau de la Conseillère spéciale pour la problématique hommes-femmes et la promotion de la femme et le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme vont être agrégées pour former l’ONU Femmes.

Entre les espoirs et les doutes que soulèvent la création d’une énième agence de l’ONU ,  je vous laisse découvrir l’article dans son intégralité  et partager vos attentes et réflexions sur les actions concrètes à mener et la femme la mieux à même d’en prendre la  Présidence, puisque sur ce point le débat est encore ouvert.

Sandy

Stéréotype quand tu nous tiens…

Sur le chromosome 7 de chacune des cellules de notre organisme se trouve une région génétique nommée 7q11.23. “So what?” me direz-vous.  Et je vous répondrai que chez certaines personnes une mutation dans cette région de leur patrimoine génétique peut changer complètement leur rapport à l’autre.

En effet les enfants nés avec cette mutation et donc dits “atteints du syndrome de Williams” ne savent pas ce que c’est que d’être racistes. Ainsi plusieurs études ont montré le caractère hyper-social de ces enfants qui se trouvent dénués de toute peur, ancrage typique du racisme, et qui de ce fait n’ont aucun a priori sur l’origine ethnique de leurs interlocuteurs puisqu’ils ne la perçoivent tout simplement pas. Je vous épargne les détails scientifiques de ce “déficit” dû à une mauvaise liaison entre la zone cérébrale de la peur et la zone de reconnaissances des visages.

En tout bon scientifique qui se respecte, les spécialistes en neurosciences de la faculté de Médecine de Mannheim en Allemagne et du CNRS de Marseille  n’ont pas résisté à l’envie de pousser leurs recherches plus loin et voir si cette absence de préjugés racistes avait également généré  une absence de stéréotypes sexistes. Et bien l’une n’entraîne pas l’autre.  Si les sujets de leurs expériences étaient pour la plupart incapables d’établir des distinctions entre les différentes ethnies (il faut quand même savoir que dès  l’âge de 3 ans un enfant montre une claire préférence pour le groupe ethnique auquel il appartient), les stéréotypes sexistes étaient bien présents: à l’écoute d’une histoire autour d’un personnage volontaire la majorité imaginait un petit garçon et à l’inverse une petite fille si l’histoire faisait référence à un personnage plus doux.

Voila qui me fait sourire et me rappelle une autre étude, menée par Havard Business Review sur ces stéréotypes sexistes que l’on retrouve des années plus tard à l’embauche. Cette étude avait, entre autres, démontré à travers des cas concrets, qu’une femme à qui l’on avait demandé de ne pas du tout négocier son salaire ni toute autre condition lors de l’entretien d’embauche s’etait vue refuser le poste au profit d’un homme. Ses futurs employeurs l’avaient jugé trop timorée et ne l’estimaient pas assez solide pour assumer un rôle à responsabilités. Pour le même poste une femme à qui à l’inverse on avait précisément demandé de négocier son salaire  et de montrer une attitude volontaire et combattive, s’était vue également refuser le poste au profit d’un homme ; ses futurs employeurs estimant qu’elle était beaucoup trop difficile et compliquée, et ne saurait pas garder la tête froide et gérer efficacement des équipes ainsi que  la pression d’un poste à responsabilités.

Les stéréotypes sexistes sont donc bien  ancrés en chacun de nous, ce qui ne veut pas dire qu’une mutation  n’existe ou n’existerait pas, quelle soit… génétique, culturelle, sociétale ou tout simplement universelle!

Sandy Beky

Références:
“Absence of racial, but not gender, stereotyping in Williams syndrome children”

Etude conduite par Andreia Santos (1, 2), Andreas Meyer-Lindenberg (2) et  Christine Deruelle (2) et publiée dans Current Biology, Volume 20, Issue 7, R307-R308, 13 April 2010

Cisco “Bee Green” en photos

Au bout d’une semaine sur site nos chères abeilles ne manquent point d’activité! Voici quelques photos de nos trois ruches que nous avons baptisées Aglae, Thalie et Euphrosyne, tout simplement comme les Trois Grâces!

Ce projet qui est une formidable initiative de notre comité CISCO GREEN en France est mené avec passion et énergie par une équipe de collaboratrices et collaborateurs représentant des fonctions complètement transversales (IT, Legal, Marketing, Services Techniques, Moyens Généraux,  Ventes,  Systèmes, etc.) sur la France, l’Europe ou à l’international. C’est aussi ça l’effet Human Network!

100000 filles chez Cisco France

Grande nouvelle du jour!
Nous avons accueillis 100000 filles chez Cisco France (ILM) ce matin.
Elles ont pris leur fonction dès 8H30.
Bravo les filles :)
Un pas de géant dans la diversité chez Cisco !
Stay tuned pour les photos
Les Bee Green Girls (Christelle, Sophie, et Sandy)

France Soir, Sardou et ELLE!

Le lien entre les mots de ce titre énigmatique ? Nous, les femmes.  C’était une tribune qui nous était presqu’entièrement  consacrée ce matin sur une radio nationale de grande écoute avec la parution du numéro de mai de ELLE Magazine avec en gros titre rouge « les femmes reprennent la parole », numéro qui fait suite aux sept mois de débat, dans cinq villes françaises, dans le cadre des États généraux de la femme et dont la cérémonie de clôture a lieu ce jour à Sciences Po Paris en présence de Simone Veil, présidente d’honneur. Sujet largement repris par France Soir avec deux articles l’un sur les 24 propositions préconisées dans le livre blanc des États généraux 2010 et l’autre revenant sur  le bilan établi par ELLE suite à un sondage sur l’égalité homme-femme, 40 ans après l’organisation des premiers États généraux en 1970. Et cette tribune de se terminer par un extrait du nouvel album de Michel Sardou qui sortira en Octobre 2010 et dont le titre est « être une femme 2010 ».  Pour l’occasion le chanteur a revisité et réactualisé sa chanson « femme des années 80 » et tout y passe : l’égalité salariale, la parité, les doubles journées, les conseils d’administrations etc. après on aime ou…pas ! C’est quand même sur cette petite note musicale et fun que je vous souhaite à toutes un agréable week-end.

Sandy Beky

Les Femmes dans l’IT, un débat prometteur au Sénat le 25 mai

Joëlle Dujour, CEO de Alpha CDI, Anne Sherwood  Partenaire chez  Korn/Ferry  et Vanessa Lyon, Chef de projet au bureau de Paris du Boston Consulting Group et diplômée de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole des Ponts et Chaussées, vont être les invitées  du Sénat pour un débat autour de la faible féminisation des effectifs dans les entreprises et fonctions IT.  L’évènement sera couvert par Pascale Kroll, journaliste recrutement et travaillant pour  Cadremploi.com.

Ces trois femmes partageront leurs perspectives sur ce sujet peu nouveau mais néanmoins important autour d’un cocktail suivi d’un diner dans les salons du Sénat. Une belle opportunité de réseauter et d’en savoir plus sur les dernières tendances – hausse  en vue? baisse confirmée?-  en la matière et en cette période de re-amorce et prochaine sortie de crise….

Pour plus d’informations sur la logistique de l’évènement, envoyer un email à information@epwn.net.

Sandy Beky

Vers une féminisation des Conseils, des Comex et de l’encadrement?

On ne pourra pas dire que le 8 mars 2010, centième journée internationale de la femme, sera passé inaperçu. Dès les premières heures de la matinée le sujet était repris dans divers programmes de radio et télévision et chacun d’y aller de son commentaire allant de la plus plate banalité, en passant par la raillerie ou un contenu purement informatif comme s’il s’agissait du bulletin météorologique d’une journée comme les autres.

Néanmoins on n’aura pas autant parlé du statut professionnel de la femme que ces neufs derniers mois, à commencer par le rapport sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes réalisé par Brigitte Grésy [1] et remis à Xavier Darcos [2] et Nadine Morano [3] en Juillet 2009 et plus récemment la proposition de loi adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 20 janvier 2010 qui contraint à terme les 500 plus grandes entreprises en France à un quota de 40% de femmes dans leur conseil d’administration.

Avant d’applaudir des deux mains, j’aimerai examiner avec vous ce que ce projet de loi, s’il était entériné par le Sénat, veut ou pourrait vouloir dire, au présent comme au conditionnel.

Que stipule ce projet de loi ?

Trois ans après la promulgation de la loi, si promulgation il y a, les conseils d’administration et les conseils de surveillance (pas les comités exécutifs) des entreprises cotées en bourse et des entreprises publiques devront au moins compter 20% de femmes. Les conseils d’administration ne comprenant aucune femme au moment de la mise en application de la loi devront en nommer une dans les six mois suivants. Six ans après la promulgation de la loi, le taux de féminisation des instances concernées devra atteindre 40%.

Le non respect de ces quotas entraînerait la nullité des nominations (sauf celles des femmes). Un amendement voté à l’Assemblée nationale prévoit également la nullité des délibérations dans les cas de non respect des quotas. A aussi été votée la nomination immédiate d’au moins une femme au sein des conseils d’administration lors de leur prochain renouvellement.

Très juste et ambitieux programme pour les plus optimistes, tâche gigantesque voir utopique pour d’autres quand les derniers chiffres en la matière sont consternant :
- Le baromètre annuel Capitalcom 2010 sur la mixité indique une stagnation quasi-totale de la représentation des femmes dans les conseils d’administration au sein des Groupes du CAC 40 avec un tout petit 10.5% en 2009 (vs 10.2% en 2008) !

- En 2009, seules six nouvelles femmes ont fait leur entrée dans l’un des conseils du CAC 40 contre douze en 2008. Elles sont 47 à siéger dans 35 conseils puisque cinq conseils du CAC 40 ne comptent aucune femme.

Donc si cette proposition de loi est définitivement votée, pour pouvoir la respecter, il va falloir trouver, selon les calculs de Marie-Jo Zimmermann [4], «1350 femmes si elles occupent deux mandats ou 550 si elles en cumulent cinq».

Ne nous réjouissons donc pas trop vite, car au devant de ce défi révolutionnaire, la multiplication des mandats de femmes siégeant déjà dans un conseil d’administration sera inévitable.
Autant se préparer à ce que la consanguinité existante des conseils d’administrations devienne pour ainsi dire une pratique régulière. Si en France le maximum de mandats parallèles est de cinq, personne n’ignore que la Norvège qui a atteint 44% de femmes dans les conseils d’administration en 2009 (contre 7% en 2003) ne s’est point embarrassée de limites et que certaines, à l’instar de Mimi Berdal [5], cumule jusqu’à douze mandats.

Où sont les femmes ?

La raison invoquée le plus souvent aujourd’hui pour justifier l’absence des femmes dans les conseils d’administrations est le manque de femmes présidentes de grands groupes et potentiellement candidates.

Toutefois, comment constituer un vivier de candidates pour entrer dans ces conseils d’administration quand la mixité stagne également aux autres échelons de l’entreprise : selon le même baromètre Capitalcom 2010, les femmes représentent toujours moins de 10% des membres du Comex (7.3% en 2009 vs 6.8% en 2008) et moins d’un tiers des effectifs de l’encadrement (29.4% en 2009 vs 25.7% en 2008). Le constat est navrant : au niveau de l’encadrement, la parité en France est atteinte ou dépassée au sein de seulement 3 groupes (LVMH, L’Oréal et Lagardère) alors que les femmes représentent 47% de la population active.

On ne peut mieux le dire et le confirmer que François-Xavier Dudouet [6]: « si l’on veut permettre aux femmes d’investir le monde économique, mieux vaut les aider à entrer dans les comités exécutifs plutôt que dans les conseils d’administration. Car c’est là que se recrutent les patrons et les administrateurs de demain ».

Et pourtant, les arguments en faveur d’une plus grande féminisation des fonctions de management et des instances dirigeantes ne manquent pas.

En 2007 le cabinet McKinsey&Company publiait une première étude « Women Matter 1 » mettant clairement en avant le lien qui existe entre l’excellence organisationnelle des entreprises, leur performance financière et la participation des femmes aux instances de direction.
En 2008, s’intéressant aux pratiques de leadership dans les entreprises, l’étude « Women Matter 2 » montre que parmi les neuf comportements de leadership qui renforcent la performance organisationnelle des entreprises, les femmes en pratiquent cinq, plus fréquemment que les hommes.

D’autres cabinets non moins réputés tels que Catalyst (« The Bottom Line: Corporate Performance and Women’s Representation on Boards » – 2007), Bain &Company (« Gender Balance at the top » – 2008) et Ernst & Young (“Groundbreakers, using the strength of women to rebuild the world economy”- 2009) ont eux aussi plaidé pour une participation accrue des femmes dans les postes de management et direction.

Du plancher qui leur colle aux talons (the sticky floor[7]), au plafond de verre (the glass ceiling [8]) qui limite leur évolution professionnelle, les femmes doivent emprunter un long labyrinthe (Women and the labyrinth of leadership [9]), et se heurtent bien souvent à des murs ( the glass walls [10]) ou se prennent les escarpins dans l’escalator de l’évolution professionnelle (the glass escalator[11]) ; une fois arrivées au sommet elles doivent aussi veiller à ne pas tomber de la falaise (the glass cliff[12]). Ces métaphores, imagées et universelles, se rapportent exclusivement aux femmes et aux défis et obstacles qui se dressent tout au long de leurs carrières.

Alors pour ou contre les quotas dans les Conseils, les Comex et l’encadrement? La question est posée et vos réponses, commentaires, impressions, sont les bienvenus !

Sandy Beky

Sources et Notes
Rapport Grésy
Synthèse du rapport Grésy
Baromètre annuel Capitalcom 2010 sur la mixité
Rapports Women Matter publiés par McKinsey & Company en 2007 et 2008
The Bottom Line: Corporate Performance and Women’s Representation on Boards publié par Catalyst en 2007
Groundbreakers, using the strength of women to rebuild the world economy publié par Ernst & Young en 2009
EuropeanPWN Board Women Monitor – Communiqué de Presse 2008
Women on Boards, Moving Mountains publié par European Professional Women’s Network en 2007
[1] Brigitte Grésy : inspectrice générale de l’Action sanitaire et sociale
[2] Xavier Darcos : ministre du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville
[3] Nadine Morano : secrétaire d’État, chargée de la solidarité et de la famille
[4] Marie-Jo Zimmermann : présidente de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale, qui a défendu avec Jean-François Copé (président du groupe UMP) la proposition de loi instaurant des quotas de femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises.
[5] Mimi Berdal : fondatrice et dirigeante d’un cabinet de conseil spécialisé dans la gouvernance
[6] François-Xavier Dudouet : sociologue au CNRS et cofondateur de l’Observatoire politico-économique des structures du capitalisme
[7] The sticky floor: terme utilisé pour la première fois dans le New York Times en 1992 et qui faisait tout d’abord référencé aux emplois peu qualifiés et peu payés auxquels étaient cantonnées les femmes de l’administration américaine. Depuis le terme s’est généralisé à toutes les situations de stagnation salariale et promotionnelle des talents féminins.
[8] The glass ceiling : expression créée par le Wall Street Journal en 1986 pour faire référence à l’ensemble des obstacles visibles et invisibles qui séparent les femmes du sommet des hiérarchies professionnelles et organisationnelles
[9] Women and the labyrinth of leadership : expression proposée en 2007 dans un article de Harvard Business Review pour expliquer le degré de difficultés auquel les femmes ont à faire face pour progresser au niveau hiérarchique supérieur avant même d’atteindre le fameux plafond de verre.
[10] The glass walls : terme utilisé par le cabinet Catalyst en 1992 pour décrire l’absence et le déséquilibre (par rapport aux effectifs masculins) d’investissement (principalement en formations) des entreprises dans leurs talents féminins.
[11] The glass escalator: terme repris par plusieurs auteurs dans les années 2000 pour décrire les opportunités de promotion plus nombreuses accordées aux hommes plutôt qu’aux femmes à compétences égales
[12] The glass cliff : expression formulée en 2005 par les Professeurs Michelle Ryan et Alex Haslam de l’Université de Exeter en Grande Bretagne pour décrire le phénomène observé chez plusieurs conseils d’administration, consistant à nommer une femme pour redresser une société qui va mal, contrôler sa performance et ses résultats de façon excessive et la blâmer des conséquences d’une baisse de la performance déjà présente et visible avant sa prise de fonction.

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